graphisme et enfants 2

Publié le par NOG

 

L'article précédent relate en fait ma seconde expérience en matière de création graphique d'une enseigne avec une école. La première école où la même chose avait été réalisée est l'école des sources à Saint Laurent de Brévedent.

 

Là aussi le travail s'était déroulé avec l'ensemble des classes, de la petite section au CM2, et réparti, dans mon souvenir, sensiblement de la même façon :

 

- les petits pour le fond

- les moyens/grands (abordant tout doucement l'écriture) pour les signes et symboles s'intégrant au fond

- les CP pour les textures dans le lettrage

- les CE1 pour le lettrage

- les CE2-CM1 pour la mascotte (le petit castor)

- les CM2 pour la mise en page

 

Cette expérience s'est tout aussi bien déroulée que la seconde, c'est d'ailleurs elle qui a donné naissance à la seconde, certains enseignants de l'école de Pré Vert ayant des enfants scolarisés à l'Ecole des Sources qui n'ont eu de cesse de parler en rentrant chez eux de ce mystérieux Renaud qui venait faire des interventions en classe.

 

Plutôt que de rentrer dans le détail technique sur la réalisation, présenté lors de l'article précédent, j'aborderais aujourd'hui un aspect plus humain, qui me porte à vouloir récidiver en matière de graphisme avec les enfants et les enseignants.

 

Mais avant, petite image :

 

PanneauEcole


(cliquez sur l'image…blablabla…plus grande)

 

Côté enseignants d'abord, étant fils d'enseignants et ayant donc souvent traîné mes pompes dans les écoles, je définis assez précisemment la relation de travail, la basant sur une transmission de mes connaissances en adéquation avec les objectifs pédagogique de l'équipe enseignante, que ce soit les objectifs liés à l'apprentissage ou ceux lié au projet d'école. Cela permet entre autre de faire d'une pierre plusieurs coups, exemple :

 

Avec les CE2-CM1 qui ont travaillé sur la mascotte le taf s'est déroulé ainsi :

 

1/ analyse avec les enfants des mascottes qu'ils connaissent (et y'en a un paquet rien qu'avec les boîtes de céréales)

 

1 bis/ au passage, grâce aux boîtes de céréales, petit laïus sur le rôle de la mascotte s'adressant aux enfants sur un produit acheté par les parents !

 

2/ petite démonstration technique de ma pomme au tableau quant à l'utilisation de formes géométriques simples pour construire un dessin, en l'occurence, un personnage. Cette démonstration se fait bien entendu avec les enfants : une fois que j'ai posé un premier personnage au tableau, ils choisissent un nouveau perso que j'éxécute sur leur demande. C'est important, c'est une sorte de jeu où les enfants tentent plus ou moins consciemment de me piéger. Logique. Ils ont besoin de vérifier que mes dires sont exacts, à moi de ne pas me planter ! Une fois cela fait, ils choisissent un nouveau personnage, dans la continuité du petit défi que je m'amuse à relever, mais cette fois je m'arrête et les invitent à réfléchir aux formes géométriques que je peux utiliser pour aboutir au personnage. A partir de là, c'est dans la poche ! Enfants (et enseignant) ont eu explication et démonstration clôturées par pratique et réflexion.

 

3/ la mission : c'est à l'enseignant de jouer. Muni des explications fournies lors de mon intervention, de ma petite démonstration au tableau, ils vont tout d'abord cherchez des images de référence, en l'occurence des photos de castor.

 

4/ le retour : nouvelle intervention en classe de ma pomme (rapide) dès que les images sont collectées. Nous les regardons ensemble et les analysons. En général, à ce stade, les enfants ne se sont pas contentés de récolter des photos mais ont déjà tenté de dessiner des castors. Pour moi c'est parfait ! (et ça fait plaisir de les voir ainsi engagés dans le projet). Le regard que je les aide alors à porter sur les photos récoltées et leur production est axé sur l'identification du castor. Qu'est-ce qui fait qu'un castor est un castor ? Quels sont les signes distinctifs de l'animal ? Sur telle photo, voit-on clairement ces signes ? En effet, immanquablement, certaines images présentent par exemple l'animal sous un angle de vue ne permettant pas de voir la queue et/ou les dents… Hors, pour une mascotte, nous avons besoin que l'animal soit identifiable très clairement, au premier coup d'oeil.

 

5/ la mission 2 : A nouveau, enfants et enseignant vont travailler ensemble à sélectionner les photos où les caractéristiques de l'animal sont clairement visibles puis à tenter le passage au dessin via les formes géométriques, et là : bonjour les équerres, les règles et les compas !!! Ca alors !? Quel curieux hasard ! Voilà des CE2-CM1 abordant au cours de l'année une géométrie qui évolue doucement vers celle qu'ils pratiqueront au collège "contraints" de prendre en main les outils de cette dernière pour dessiner la mascotte de leur école…

 

Sur cet exemple, je peux vous assurer qu'en général, je n'ai pas encore quitté la classe que les enfants se sont déjà rués sur leurs équerres, compas et le premier bout de papier qui traîne !

 

Ainsi, je ne cacherai pas que cette méthode d'intervention avec analyse/explication/démonstration/mise en pratique est très exigeante vis à vis des enseignants, puisque d'une certaine façon je me borne à les guider tandis que ce sont eux qui font avec les enfants. De ce fait, si les premières interventions en classe sont clairement programmées, les suivantes se font plus au feeling et à l'occasion, selon l'avancement du travail effectué par le tandem enfants/enseignant, selon leur besoin ou les difficultés rencontrées.

 

Cela me donne du coup un rôle un peu perturbateur, mais un gentil perturbateur. Il n'est pas rare, que la classe soit affairée à autre chose quand je débarque pour un petit bilan. Même si ce débarquement est prévu avec les enseignants, aux yeux des enfants je suis le héros qui vient interrompre le déroulement classique de la journée. D'un autre côté, après mon départ, je laisse souvent derrière moi une classe non pas survoltée mais en ébullition, toute pleine de motivation. J'ai souvent vu des enfants trainer dans la classe pour me montrer leur travail ou me poser des questions à l'heure de la récréation. Une énergie que l'enseignant va devoir canaliser mais qui n'a pas besoin d'être calmée.

 

Bref, l'amalgamme à réussir au cours de ces interventions est de respecter le travail de l'enseignant tout en créant un joyeux bordel créatif avec les enfants, ce "bordel" devant s'inscrire comme une parenthèse dans la journée, avec un début, et une fin, ne laissant pas derrière moi une classe survoltée et incontrôlable. A ce sujet, les rituels du "bonjour" et du "au revoir" sont cruciaux : Je prend toujours le temps de laisser le silence s'installer pour dire bonjour et saluer l'ensemble de la classe, même si lors des interventions suivant la première les enfants me saluent en général individuellement dès qu'ils me croisent dans les couloirs ou quand je traverse simplement la classe pour rejoindre le tableau. De même vers la fin de l'intervention, j'annonce en général que je vais partir, répond aux dernières questions qui, souvent, relancent la machine et repousse le départ, mais l'idée de fin est déjà dans la tête des enfants. Puis je prend à nouveau le temps de laisser le silence s'installer avant de souhaiter un au revoir général.

 

Voilà, rapidos, un peu en vrac, la relation qui s'établit avec les enseignants et les enfants.

 

On m'a d'ailleurs souvent demandé pourquoi je ne deviens pas enseignant. Mais parce que c'est un boulot de fou !!! J'ai le beau rôle à venir ponctuellement dans les classes. C'est facile pour moi de maintenir l'attention des enfants pendant une demie-heure ou deux heures, le faire toute la journée, toute l'année, c'est une autre paire de manches et en ce sens j'admire le travail des enseignants, et si du haut de mes privilèges d'intervenant quant à la relation qui s'établit entre moi et les enfants je peux livrer sur un plateau une classe motivée, c'est la moindre des choses.

 

Car effectivement, ma relation avec les enfants est privilégié, reste à savoir en user sagement. Et puis, je dois bien l'avouer, j'adooooore entendre des classes entières s'exclamer "Renauuuud !!!" quand je passe le seuil de la porte ! Côté autorité au cours de l'intervention, il faut cependant veiller à bien séparer les choses mais j'adore ça !

 

Un autre aspect agréable de cette relation est que les parents entendent toute l'année parler du mystérieux Renaud qui intervient dans la classe et cela permet un dialogue avec les parents. En effet, pour ces deux enseignes, il y eu une petite inauguration avec kermesse et fête de fin d'année. Dans les deux cas, au moment où mon nom fut prononcé dans le discours de remerciement de la direction de l'école, les enfants ont spontanément applaudit et crié à tout va. Outre l'aspect très agréable pour ma pomme (je ne vais pas le nier), cela permet aux parents de mettre un visage sur le nom qu'ils ont entendu au cours de l'année. Du coup, au moment de prendre un petit verre comme pour toute inauguration, je me laisse aller à trainer ici et là, passant à proximité des groupes enfants/parents. Il arrive alors fréquemment qu'un enfant me présente à ses parents qui me félicitent bien entendu pour mon travail, ce qui me permet alors de souligner que cette enseigne est le fruit du travail des enfants et non du mien, que je me suis borné à leur prodiguer des conseils et une assistance technique tout au long de l'année mais que le gros du boulot, ce sont les enfants qui l'ont accomplit. S'engage alors une discussion qui dans le fond me permet de valoriser l'école en général, car ils sont nombreux les parents eux même un peu fâché avec l'institution "école" ou très "consommateur" vis à vis de cette dernière.

 

Bon allez, j'arrête là pour aujourd'hui.

 

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Publié dans Graphisme

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Y
<br /> <br /> Mouarf, t'as raison c'est complêtement incompréhensible ce que j'ai écrit. Je me suis fais un film sur les castors dans ma tête <br /> <br /> <br /> <br />
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Y
<br /> <br /> Reno en père castor nous raconte une histoire:<br /> <br /> <br /> "père castor, raconte nous une histoire, père castor...." en musique bien sur <br /> <br /> <br /> C'est rigolo d'y retourner avec ses enfants, et de voir qu'on les met devant les dessins animés quand il pleut. On faisait pas ça quand on était mono?<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Euh… Yannis… comment te dire ?… Peut être c'est moi qui suis pas bien en forme, la tête dans le fondement ou un truc dans le genre, mais peut être c'est toi qui a enlevé des mots et que le but du<br /> jeu c'est de les retrouver… enfin, je veux dire par là que j'ai pas tout bien compris à ton commentaire !  :D<br /> <br /> <br /> <br />